Comment isoler une maison ancienne?

Il existe sur le marché une multitude d’isolants plus ou moins performants et plus ou moins coûteux. Que peut-on faire pour isoler une maison ancienne?  Mais surtout comment se comportent ces parois face à l’humidité ? Lors de mes audits, je me retrouve souvent à voir des murs en mauvais état dû à une isolation mal adaptée et une pathologie d’infiltration d’eau non résolue. Avant de faire le point sur les différents isolants à mettre en place suivant les parois, il faut d’abord faire le point sur les propriétés thermiques et hydriques des parois anciennes.

Mur en brique :

La brique cuite est le successeur de la brique en terre crue, l’adobe. Elle est faite par simple moulage et cuisson d’une argile dite « ordinaire » car plus abondante que les argiles plus « nobles » tel que le kaolin et les grès argileux, utilisées pour faire les céramiques et les porcelaines. En règle générale, la matière première consiste en un mélange d’argiles fines et grasses à partir de plusieurs couches d’extraction. Mais dans le Nord, on fabriquait des briques faites à partir des limons, une argile plus sableuse (maigre) d’origine éolienne ou alluviale, et des briques faites avec le schiste, une argile très dure située entre les couches de houille, donc un sous­ produit des mines à charbon. Bien sûr, ce sont surtout les caractéristiques de l’argile qui déterminent les qualités de la brique, tel que la porosité, la masse volumique (≈ 1.800 kg/m3), la résistance et en partie sa couleur. Les briques jaunes viennent des argiles qui contiennent de la chaux. Les briques pressées sont plus foncées. Cependant, des couleurs différentes peuvent être obtenues en changeant l’apport en oxygène à la fin de la cuisson. Un surdosage en oxygène fait oxyder le fer et donne la couleur rouge, un sous­dosage donne la couleur bleu­violet. Normalement les briques anciennes ont une bonne résistance à la compression (autour de 10 à 20 N/mm2) mais une mauvaise résistance à la traction (1 à 2 N/mm2). La grande stabilité dimensionnelle de la brique (faible dilatation thermique, retrait et gonflement) fait que la maçonnerie en briques soit le mode de construction le plus stable. Le fait que dans les bâtiments anciens on ne trouve pas de joints de dilatations ne pose généralement aucun problème.

La qualité la plus importante de la brique est sa porosité. Le fait que la brique soit très capillaire, assure la bonne prise du mortier et lui donne sa grande capacité d’absorption et de restitution de l’eau tout aussi vite.

Caractéristiques thermiques et hydriques :

La brique possède une conductivité thermique relativement faible avec un lambda moyen de 0,60 [W/mK] une masse volumique de 1800 [kg/m3] et une capacité thermique élevés 850 J/kg K ce qui en fait un mur avec une très forte inertie. La brique à une hygroscopie moyenne, mais une forte capillarité. Cela signifie qu’elle n’a pas une capacité importante de stoker de l’eau dans son sein, mais que si elle en a, cette eau peut facilement s’évacuer, car elle est fortement capillaire.

Quel isolant mettre en place pour un mur en brique ?

Comme on l’a vue dans les caractéristiques thermiques, le mur en brique est très capillaire. S’il se charge en humidité, due à une infiltration d’eau ou autre celle-ci devra s’évacuer facilement. Pour cela, il ne faut pas choisir un isolant ou un revêtement qui coupera de part et d’autre la capillarité de la brique comme le polystyrène expansé ou la laine de roche. Sinon le passage de l’humidité, sous forme liquide et gazeuse, de la brique de terre cuite vers l’ambiance extérieure ou intérieure suivant ou est situé l’isolant est impossible du fait de la faible capillarité et de la résistance à la diffusion de vapeur plutôt élevée du polystyrène.

Pour une isolation extérieure, la fibre de bois est idéale, car le mur est perméable à la l’humidité cotée extérieur et quelle soit perméable ou étanche coté intérieur, cela n’a aucune conséquence sur le mur. . En plus il y aura un très bon déphasage thermique avec une isolation extérieur.

Si vous ne pouvez ou ne voulez pas mettre d’isolation par l’extérieur, la ouate de cellulose avec un frein vapeur hygrovariable et BA13 reste un très bon compromis. En effet, le frein vapeur hygrovariable permet des échanges d’humidité entre la paroi et l’ambiance intérieures, amenant de l’humidité provenant de l’intérieur, mais évacuant également cette humidité vers l’intérieur lorsque celle-ci est en excès. La ouate de cellulose étant très capillaire, elle permet de très bien gérer l’humidité. Attention, avec cette configuration, la façade extérieur doit-être perméable à l’humidité.

Mur en pan de bois et torchis

Le torchis est un matériau de construction à base de terre argileuse et de fibres végétales. Il ne joue pas de rôle structurel mais consiste en la réalisation d’un remplissage d’une ossature en pan­de­bois. Le torchis, n’étant pas porteur, a principalement un rôle d’isolant thermique et phonique. Les terres à torchis sont en général fines, argileuses et collantes et souvent peu sableuses. Dans les mélanges on trouve toutes sortes de pailles de céréales, ainsi que les fibres de lin, de chanvre, des roseaux et très souvent du foin. Les torchis ont tendance à fissurer pendant le séchage s’ils ne sont pas armés avec des fibres. La bonne période pour travailler le torchis se situe d’avril à octobre afin de faciliter le séchage (2 mois au minimum) et d’éviter les périodes de gel. Aujourd’hui, dans la restauration du torchis, on évite les pailles de blé, car elles sont trop cassantes et risquent de se désagréger avec le temps.

La restauration et l’amélioration énergétique d’une maison en pan­de­bois et torchis demande un diagnostic complet des pathologies et un bon choix des matériaux et techniques de restauration et d’isolation thermique.

Caractéristiques thermique et hydriques :

Les murs en torchis on une grande hygroscopicité et capillarité ce qui le rend très perspirant. S’il y a une infiltration d’eau, l’eau pourra très rapidement sécher. L’inertie du mur va dépendre principalement de son épaisseur. En hiver, le mur va stocker et accumuler de l’humidité sous forme de vapeur issue de l’air ambiante et de l’activité humaine ce qui va générer une réaction exothermique dégagent des calories par le changement d’état de la vapeur d’eau sous forme de gaz liquide. La température du mur aura donc tendance à augmenter légèrement.